La Tarente de Maurétanie (Tarentola mauritanica) est un petit reptile présent à l'état naturel en France. Ce gecko est robuste, il a un corps aplati et aux doigts et orteils nettement élargis. La tête porte de grands yeux à pupille verticale. Le dos est couvert d’écailles tuberculeuses. Les pattes portent 5 doigts dont la face inférieure est recouverte de fines lamelles adhésives transversales qui lui permettent de se déplacer dans les arbres et sur les murs (voire sur les vitres des maisons et au plafond). La queue est fragile.
Les insectes représentent environ 80 % de son alimentation, complétés par des araignées, de petits escargots, parfois de minuscules vertébrés, et occasionnellement des fruits très mûrs.
Jusque dans les années 1980, ce petit reptile ne se rencontrait qu’en Corse et de manière assez isolée sur la frange littorale de la Provence et du Roussillon. Dans les années 2000 son aire d’expansion s’est rapidement élargie à tout le pourtour méditerranéen et depuis une dizaine d’années l’expansion de cette espèce (notamment par le déplacement involontaire d’individus via le transport de marchandises, de matériaux et de plantes) s’accélère, en lien avec le réchauffement du climat. Si bien qu’elle est désormais signalée, plus au moins sporadiquement, dans quasiment toute la France !
Et la Lozère, malgré son altitude moyenne élevée et son climat (de moins en moins) rude, ne fait pas exception à la règle.
La base de données Faune Occitanie recense ainsi 46 mentions de cette espèce dans notre
département, la quasi-totalité lors de la dernière décennie.
La première est une observation isolée datant de 1992 à Ispagnac… mais il a donc fallu attendre 2016 pour la seconde observation de l’espèce, à Mende.
Depuis 2016 les observations s’enchaînent et l’espèce a été observée chaque année en Lozère.
La Tarente de Maurétanie est signalée essentiellement dans les vallées, en milieu villageois / urbain (Le Rozier, Mende, alentours de Marvejols) mais il faut mentionner quelques localisations plus surprenantes : 2 observations en Margeride dont une à Chastanier à près de 1100 mètres d’altitude en mars 2024 !
Cet été 2026 (et ses températures dignes de la plaine languedocienne) a validé la tendance de progression de l’espèce avec des premières données pour Florac, la Salle Prunet et le Pont-de-Montvert ainsi que la confirmation d’une population qui semble désormais bien installée à Mende (plusieurs individus de tous âges observés simultanément sur des murs bien exposés en bordure du Lot). Les hivers, de plus en plus doux, ne semblent plus être limitants pour la survie et la reproduction de l’espèce chez nous (du moins dans les vallées sous 800-900 mètres d’altitude) et de petites populations paraissent se constituer : à suivre et à confirmer lors des prochaines années !
L’espèce est à rechercher au crépuscule ou de nuit, à la saison chaude, sur les vieux murs en pierres et les façades, notamment à proximité des éclairages publics où elle vient chasser les insectes nocturnes attitrés par la lumière. Elle peut aussi fréquemment trouver refuge dans les habitations ou les garages, notamment pour s’abriter à la saison froide, donc ouvrez l’œil et n’oubliez pas de nous faire remonter vos observations.
Signalons que contrairement aux idées reçues complaisamment diffusées par certains articles de presse, la Tarente ne concurrence pas réellement le Lézard des murailles et n’est en rien responsable de sa régression.
Elle occupe une niche écologique différente, essentiellement urbaine et nocturne, le Lézard des murailles étant quant à lui strictement diurne.
V.Lhermet
Répartition de la tarente avant 2015 ©Faune Occitanie